Vogue India août 2008, paysan avec un parapluie Burberry.

 

Vogue India août 2008, enfant d'un village pauvre avec un bavoir Fendi .

Photos © Vogue India.

 

 
 
J’ai connu le temps où la photographie de mode faisait débat et même quelquefois scandale avec les campagnes publicitaires d’Oliviero Toscani pour Benetton.
S’il y eut quelques images de mauvais goût parmi celles-ci, la plupart d’entre elles eurent le mérite de forcer l’œil à se poser certaines questions.
 
Il n’en va pas de même avec le numéro d’août du « Vogue India ».
S’il existe des milliardaires en Inde comme dans le reste du monde, il se trouve que la plus grande partie de la population (plus de 450 millions) ne dépasse pas le seuil d’un dollar par jour pour vivre et que dans les dernières années, on a assisté au suicide massif de paysans incapables de faire face à leurs dettes (merci, Monsanto !).
 
Choisir des habitants de villages démunis et leur faire arborer pour le reportage sur les « accessoires d’automne », qui un bavoir Fendi qui coûte plus de 100 dollars, qui un parapluie Burberry qui en dépasse les 200 n’était peut-être pas la meilleure idée.
Et si chaque marque, chaque prix est bien cité, on a par contre oublié de faire figurer les noms des « modèles » saisis pour l’occasion.  
 
« Vogue India » qui est né en octobre dernier se retranche (et se défend) derrière deux arguments : la beauté de ses photos et le fait que la mode est un domaine qui n’a pas pour vocation de changer le monde.
 
Le plus terrible dans cette affaire est sans doute précisément -à lire les propos des dirigeants de « Vogue India »- de se rendre compte que dans ce méli-mélo de luxe et de pauvreté, ils n’avaient vu que de l’esthétique et qu’il n’y avait aucune provocation à traduire comme une dénonciation !
 
J’en profite pour rappeler que le 15 octobre prochain aura lieu une journée mondiale des blogs contre la pauvreté.
Ne manquez pas l’occasion d’y participer.
Tout est expliqué dans le lien ci-dessous.