Aujourd’hui s’est produit le premier « couac » au sein de la majorité en ce qui concerne le fichier « Edvige » : le représentant du « Nouveau Centre », Hervé Morin a fait part de ses inquiétudes.
 
Depuis le 1er juillet 2008, outre les mineurs de plus de 13 ans « susceptibles de troubler l’ordre public », « Edvige » permet de recenser et de ficher toute personne ayant un semblant d’activité politique ou citoyenne et de recueillir des informations très précises sur celle-ci mais aussi sur son entourage.
Ces informations qui vont de l’état civil aux adresses physiques en passant par la fiscalité s’étendent par ailleurs dans « certains cas » (lesquels ?) au dossier de santé, aux orientations sexuelles et à tout détail qui pourra être recueilli.
 
Tout citoyen actif socialement -même dans une simple démarche associative d’aide aux jeunes, par exemple- est donc pris dans cette nasse.
C’est exactement, de la part de l’Etat, comme définir que tout engagement est de nature à nuire à l’ordre public.
Nulle part on ne répond à ce qui a motivé ce regain de suspicion. On ne précise pas plus de quel type de nuisance il peut s’agir, tout comme jamais n’est donnée une définition de « l’ordre public ».
 
En revanche, « Edvige » est bel et bien en train de se mettre en place, premier pas d’une  surveillance liberticide à la « Big Brother » dans notre pays.
Commençons par nous interroger pour nos enfants : la notion d’ « entourage » fera-elle qu’un gamin de 13 ans, pour se trouver dans la même classe de collège qu’un petit caïd reconnu coupable de larcins (le vol de bonbons à la boulangerie sera-t-il inclus?), aura lui aussi l'aubaine d'être fiché ?
 
Quant à nous, nos cotisations syndicales et nos participations à des manifestations (et que dire de nos blogs !) nous vaudront-ils un classement de « nuisible potentiel » qui demande de connaître nos préférences au lit et le fichage des malheureux/ses qui pourraient s’y être trouvé/es avec nous ?
 
De plus, il n’y a aucune traçabilité possible de « qui » exactement (et dans quelles conditions) pourra avoir accès au fichier Edvige.
Votre patron demain ?
 
Il est encore temps de signer contre Edvige ici.
Les pétitions sont déjà très fournies: il est peut-être possible de faire changer les choses.
La conformité du fichier est remise en cause par de nombreuses associations (dont la Ligue des Droits de l’Homme) qui ont déposé des recours devant le Conseil d’Etat.
 
A suivre donc.
Mais à (ré)agir en urgence surtout.